DÉCLARATION DU COMITÉ DE PLAIDOYER POUR L’INSCRIPTION ET LE BON POSITIONNEMENT DES FEMMES SUR LES LISTES DE CANDIDATURES

Mesdames et Messieurs,

La participation des femmes à la vie politique est un droit garanti par plusieurs conventions internationales. Mais faire de ce droit abstrait une réalité, demande un investissement sur le terrain. Les partis politiques sont la clé de la participation politique des femmes, car ce sont eux qui recrutent et choisissent les candidat(e)s aux élections nationales.

Et pourtant, si les femmes sont généralement bienprésentes dans les partis politiques au niveau local, ou dans des rôles subalternes, elles sont sous-représentées aux postes de pouvoir et de prise de décision, elles disposent souvent de très peu de ressources, elles ont peu de modèles à suivre ou de mentors et parfois ne bénéficient même pas du soutien de leur famille ou de leur communauté.On peut aisément comprendre pourquoi leur participation à la vie politique reste largement inférieure à celle des hommes.

Fort heureusement, le nouveau contexte de démocratisation a créé chez les femmes une prise de conscience en tant que sujets de droits. Plus précisément, ces dernières comprennent qu’elles doivent saisir l’opportunité des changements en cours pour réclamer et exercer leur droit de participer à la gestion de la chose publique, comme en témoignent les diverses actions menées par les organisations de défense de droits des femmes et coalitions qui se sont formées autour de la question. En Guinée, on peut citer par exemple le Cadre de Concertation des Filles et Femmes des Partis politiques de Guinée (CCFFPPG),leForum National des Jeunes des Partis politiques (FONAJEP), une trentaine d’organisations féminines de la société civile dontla Coalition des Femmes et Filles de Guinée pour le Dialogue, la Consolidation de la Paix et le Développement (COFFIG/DCPD) ; la Coalition Nationale de Guinée pour les Droits et la Citoyenneté des Femmes (CONAG-DCF) ; l’Association Guinéenne des Jeunes Filles Pour la Promotion de l’Espace Francophone; le Collectif des ONG des Droits de l’Homme; l’Organisation Guinéenne des Droits de l’Homme (OGDH) ; le Réseau du Cercle des Femmes pour le Développement (RECEFED) ; la Fédération Guinéenne des Réseaux des Femmes pour la Paix et le Développement (FEGUIREF/PD) ; le Réseau des femmes Africaines Ministres et Parlementaires de Guinée (REFAMP/G) ; le Forum des Femmes Parlementaires de Guinée (FOFPAG) ; le Réseau des Femmes du Fleuve Mano pour la Paix (REFMAP) ; WAFRICA…

Par ailleurs, la constitution Guinéenne dans son article 8, stipule que « tous les êtres humains sont égaux devant la loi. Les hommes et les femmes ont les mêmes droits. Nul ne doit être privilégié ou désavantagé en raison de son sexe, de sa naissance, de sa race, de son ethnie, de sa langue, de ses croyances et de ses opinions politiques, philosophiques ou religieuses ».

Mesdames et Messieurs,

LeComité de plaidoyer a mené plusieurs activités concrètes pour promouvoir la participation politique de la femme au rang desquelles :

  • La participation à l’atelier d’imprégnation des principales innovations de certains Codes notamment : le Code Pénal, le Code Civil, le Code de procédure Pénal et le Code de justice militaire à Kindia.
  • Des rencontres successives avec les institutions internationales et nationales notamment le PNUD, le HCDH, ECES, le Ministère de l’Action Sociale, de la Promotion Féminine et de l’Enfance ;
  • Des rencontres avec les responsables et les femmes des partis politiques (UFR, BL, PEDN, NGR, UNED, PGRP) ;
  • Desrencontres avec la mouvance au siège du RPG etavecle chef de file de l’opposition au siège l’UFDG en août 2016 pour la transmission du message de paix à la veille des manifestations programmées par l’opposition ;
  • La visite et assistance à la mère des quintuplés à l’hôpital IgnaceDeen ;
  • La participation au sit-in lancé par le Forum des Femmes Parlementaires pour l’adoption du projet de loi sur la parité ;
  • L’installation des démembrements des CCFPG et du comité de plaidoyer dans les sept (7) régions administratives ;
  • La tenue des journées de la femme politique sous la présidence de l’ancienne Ministre des Affaires Sociales de la Promotion Féminine et de l’Enfance, Madame Sanaba KABA ;
  • La participation à une formation BRIDGE sur le Thème ‘’Genre et Election’’, organisé par ECES ;
  • La participation aux journées de réflexion sur une meilleure compréhension du projet de code civil et les stratégies d’adoption de ce code, organisé par le collectif des ONG des droits humains ;
  • L’organisation d’un atelier sur l’élaboration d’un plan stratégique global du comité de plaidoyer ;
  • La participation à plusieurs plaidoyers auprès des certains ministères et des Députés, en faveur de l’adoption du code civil ;
  • L’organisation d’un atelier de formation sur la communication politique et avec les médias en direction des membres du comité de plaidoyer.

Cependant, malgré les espoirs suscités par les facteurs de changement, les textes juridiques et les actions ci-dessus indiquées, force est de noter encore une faible participation des femmes aux instances de prise de décision au niveau de la représentation nationale comme au niveau local. Le respect de ces textes de loi est l’un des défis majeurs du processus démocratique que les acteurs politiques doivent relever.

À titre illustratif, on peut rappeler que 15,15% de femmes sont membres du gouvernement, 22% sont au Parlement, 12,5% occupent les fonctions de Gouverneur de régions et 6,6% occupent les fonctions de Préfet, pendant qu’elles constituent plus de la moitié de la population guinéenne.

Face à ce constat peu élogieux, le Comité de Plaidoyer (CoP) s’est engagés dans une série d’actions de plaidoyers auprès des décideurs à tous les niveaux, avant les élections communales et communautaires, en vue de demander d’aller au-delà du quota d’au moins 30 % que prévoyait à l’époque le Code électoral concernant la représentation des femmes sur les listes de candidature pour tendre vers la parité. La parité politique recherchée ne relève pas seulement de la légalité mais aussi de l’équité qui interpelle tous les acteurs politiques.

A cet effet, nous femmes et filles du Comité de Plaidoyer :

  • Considérant que la République de Guinée a ratifié toutes les conventions (Régionales et Internationales) relatives à la prise en compte du genre dans les sphères de décision et de la participation politique des femmes ;
  • Considérant qu’aucune démocratie n’est possible sans la participation effective et efficiente de toutes les couches sociales de la Nation ;
  • Constatant la motivation des femmes et des jeunes filles à saisir l’opportunité du changement en cours pour réclamer et exercer leur pleine citoyenneté ;
  • Convaincues qu’une plus large participation des femmes peut contribuer durablement à la cohésion sociale et au bien-être des Guinéennes et des Guinéens ;
    • Exhortons les femmes candidates à veiller à leur bon positionnement sur les listes de candidatures;
    • Invitons les femmes de tous les secteurs à soutenir les candidatures féminines ;
    • Lançons un appel vibrant aux partis politiques pour le respect de la parité sur toutes les listes de candidature ;
    • Encourageons les candidatures féminines indépendantes ;
    • Exigeons la mise en application des engagements nationaux, régionaux et internationaux relatifs au droit des femmes auxquels la Guinée a souscrit ;
    • Interpelons le Gouvernement et les autres Institutions Républicaines à veiller scrupuleusement au respect de ces engagements nationaux et internationaux en faveurs de la participation politique des femmes notamment : la résolution 1325 et connexes en 2000, le protocole de Maputo en 2004 etc.

Par ailleurs, Pour une meilleure prise en compte de la participation politique significative de la femme à toutes les instances électives et nominatives à caractère politique, le Comité de plaidoyer a planifié à court et à moyen termes de :

  • Accentuer le plaidoyer auprès des partis politiques et de la CENI pour le respect de la parité ;
  • Sensibiliser les femmes dans les partis politiques à la base pour leur implication effective dans les activités politiques ;
  • Revoir les statuts et règlement intérieur des partis politiques ;
  • Appuyer les femmes parlementaires pour l’obtention d’un texte juridique sur la parité ;
  • Insérer une disposition au niveau du Code électoral qui permettra à la CENI de rejeter toutes listes qui ne respectera pas le principe de parité.

MESDAMES ET MESSIEURS, « GAGNONS AVEC LES FEMMES POUR UNE GUINÉE FORTE ET RÉCONCILIÉE ».

Nous remercions le NDI qui, sur financement de l’USAID, accompagne inlassablement le Comité de plaidoyer dans ces différentes actions.

Vive la démocratie inclusive

Vive la paix

Vive les femmes de Guinée

Vive la République de Guinée

Fait à Conakry, le 22/092017

Pour le Comité de plaidoyer,

La Porte-parole du CoP

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